Biographie

Bonjour les amis

Je sais pas vous mais moi, j’ai bien fini l’année.
Bercé par vos voix.
Finalement tout s’est déroulé comme dans un rêve, petite appréhension du début,
le studio avec des gens qu’on ne connaît pas, 3 et 4 et Blaaaaam,
tous ensemble, comme au bon vieux temps...!

Aussi je ne vous ai pas assez dit combien c’était bon de travailler avec vous,
et comme vous les avez dépoussiérées
et rendues vivantes et postmodernes, ces vieilles chansons qui vous hantaient,
vous qui disiez, un jour je la chanterai celle-la, et ben voilà, c’est fait,
et non seulement vous l’avez bien descendu l’escalier, mais vous l’avez descendu
comme personne ne l’avait descendu avant vous.

Moi en tout cas, je vous aime, comme disait M J à ses musiciens
juste avant de s’envoyer un somnifère de Tyrannosaurus Rex.

Et j'ai été trop fier de vous accompagner...
Avec A.M.O.U.R

André Manoukian

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China Moses

La rencontre était incroyable avec Benjamin... J'étais surprise qu'il ait demandé de faire un duo avec moi. Il avait l'embarras du choix. Je l'avais suivi sur la Nouvelle Star. Il a comme on dit "an old soul". Il m'apprit que j'étais son premier concert, en fait c'était le concert de ma mère mais je faisais la première partie. Donc il avait suivi ma carrière musicale depuis. Quand on se décide sur "Lullaby of birdland", je ne savais pas à quoi m'attendre et quand il a chanté les premières notes, sa voix m'a plongée en arrière, à l'époque des crooners class. Costume et cigarette au bec. J'ai immédiatement dit, “j'ai trouvé mon complice dans les duos jazz”. Nous sommes d'une génération qui aime la tradition du jazz vocal. On le respecte et on veut le faire vivre et découvrir à notre génération. "So in love" est une chanson qui a été interprétée par Dinah Washington. Et quand André me l'a fait écouter, les paroles, l'ambiance m'ont tout de suite prise au ventre. C'était magnifique de redécouvrir ce morceau avec André chez lui. Il a une telle façon de vivre une chanson juste à l'écoute. J'étais subjuguée par la profondeur du désir et de l’amour dont il est question dans le texte. Et quand on l'a enregistrée au studio il y a "un je ne sais quoi" qui a opéré tout de suite. Une intensité sensuelle particulière. C'est l'exemple même de ce qu'on appelle une "torch song".
"I've got u under my skin" fait partie de ces chansons qui appartiennent à la conscience collective du jazz. On est partie d'une version d'Ella Fitzgerald avec un arrangement bien saccadé. La mélodie est devenue plus enjouée et cela a dédramatisé les paroles qui parlent de cet amour ancré au plus profond de soi. Quelle expérience de l'interpréter. A la réécoute de mes enregistrements avec André, même si je me sentais chanteuse avant, cela m’a amenée à un autre palier de ma passion, de m'ouvrir à cette sensualité naturelle qui s'opère pendant une séance d'enregistrement dans des studios mythiques.

Anaïs

"Cheek to cheek" : fan de comédie musicale de la vieille époque, et de Fred Astaire, sa version restera toujours ma préférée lorsqu'il la murmure à l'oreille de Ginger Rogers, c'est une chanson tellement simple et romantique, je me suis beaucoup amusée à la "new orleanser", et remettre des chœurs très années 30 derrière comme dans les vieux dessins animés en noir et blanc.

"Crazy" : J'ai découvert Patsy Cline à l'adolescence en regardant un film sur la chanteuse country Loretta Lynn, elle chantait "Sweet dreams", avec cette voix si profonde, si parfaite, et chaloupée, et je suis fan depuis. Et cette chanson date de l'époque magique où la country se mélangeait encore au jazz et aux débuts du rock.

Benjamin Siksou

Chet et son lyrisme sont inimitables. Il fallait les prendre comme base et non comme modèle. Ce morceau a justement nécessité deux sessions pour arriver à se détacher de l'original: Un groove feutré au début qui part vers un swing plus envolé à la fin. André y a ajouté le riff de l'intro.
Avec China, que je rencontrais pour la première fois, les choses se sont passées plus simplement. Notre duo a fonctionné assez immédiatement, porté par le swing et le phrasé unique de ce standard qui a très longtemps fait partie de mon répertoire.
De bons moments...

Helena Noguerra

J’ai toujours aimé la voix de Blossom Dearie, elle m'a décomplexée. Elle chantait du jazz avec dextérité mais avec cette voix d'enfant qui m'enlevait tout sentiment d'infériorité. En plus c'était une virtuose... Et puis la mélodie, le texte, la légèreté, tout cela m'a toujours plu !!

Emily Loizeau

"Tea for Two" : comme tout le monde en France cette chanson fait écho à Louis de Funès et Bourvil dans le bain de vapeur... Mais pour moi en plus de cela c'est un écho à mes origines anglaises, à ces vieilles comédies musicales que je regardais pendant des heures sur la télé anglaise au moment de Noël. Et puis je trouvais drôle de reprendre aujourd'hui une chanson tellement petit bourgeois puritain et bien pensant avec la femme à la cuisine qui fait des gâteaux pour son gars... C'est tellement tout ce qui met en colère les filles et les femmes d'aujourd'hui... Du coup on a équilibré les choses. C'est un duo entre moi et un chœur d'hommes (une nana pour plusieurs gars... ça change un peu non ? !) quand c'est moi qui chante c'est eux qui vont faire le gâteau pour que je le montre à mes copines de bureau et quand ils chantent c'est moi... du coup c'est un couple parfait, so chic & so modern ! Ca reste tout de même une vision romantique pas très rock and roll "on va s'aimer et se faire des gâteaux dans une petite maison à nous" mais ça m'amusait justement de prendre une posture pas du tout rock and roll... On cherche tellement toujours à paraître rock and roll dans ce métier, au risque souvent d'être ridicule...

"Don't let me be Misunderstood" : cette chanson m'a accompagnée toute mon enfance et mon adolescence. Je l'ai surtout entendue par Nina Simone. Sur ce même disque que j'écoutais en boucle il y avait sa reprise de "Ne me quitte pas", tellement sublime.
"Don't let me be Misunderstood" est une chanson de solitude si bouleversante et si désespérée mais je trouve qu'il y a une rage en dessous, les larmes passent du coup car on sent tout au long de la chanson que cette colère sourde fait tenir debout. La première fois que j'ai repris cette chanson c'était à l'accordéon... Bien avant de faire de la chanson et à une époque où j'étais un peu fâchée avec mon piano, mon métier, c'était à l'époque où je jouais dans les bars sans micro et en fumant des clopes... Je me suis fait quelques nodules !... je chantais ça, Tom Waits, Brel, Brassens, Piaf, Bob Dylan et la chanson de Nora Luca de Gadjo Dilo. Nina Simone était, avec Dylan, l'idole de ma maman.

Camélia Jordana

Ce titre de Louis Armstrong figurait sur une compilation "blues" chez mes parents. Pas plus haute que trois pommes je faisais à la maison des spectacles avec ma sœur. Mon titre favori, c'était "What a wonderful world".

Cocoon

Nous avons réécouté toutes les chansons de Burt Bacharach pour cet exercice avec André et nous sommes tombés d'accord pour faire les reprises de "This Guy's in Love With You" et "Trains and Boats and Planes", car ce sont ces chansons-là qui nous touchaient le plus dans ce répertoire, avec leurs harmonies et leurs forces mélodiques pop évidentes. Nous n'avions jamais eu l'occasion de chanter du Jazz et nous nous sommes laissés porter par les chansons et les musiciens en studio en les enregistrant dans les conditions du live, ce qui fut un vrai luxe à nos yeux. C'était pour nous une occasion de les redécouvrir et surtout de prendre un réel plaisir en les chantant dans des conditions aussi agréables.

Tété

Cet André Manoukian et ses doigts de fée reviennent décidément d'un endroit où musicalité et émotions ne font qu'un, ce qui fait de lui un incontournable du genre pour le plus grand bonheur des uns et des autres. Un plaisir !

Loane

"Every Time we say Goodbye" est un magnifique standard de jazz écrit par Cole Porter dans les années 40, interprété par différents artistes mythiques tels qu'Ella Fitzgerald, Nina Simone, Sarah Vaughan, Ray Charles et Betty Carter, Chet Baker... C'est une chanson qui compte beaucoup, elle m'a accompagnée à divers moments de ma vie, notamment en tournée où je l'ai souvent reprise lors de mes concerts. Elle allie la douleur d'un au revoir au gai mélancolique d'une mélodie lumineuse qui tour à tour joue avec ce changement de tonalité "major to minor", sublime "I wonder why a little", elle nous ballade dans ses tristes sourires, voyage dans les ombres d'une peine presque ensoleillée, dans l'étrange et brillante ambivalence de ses résolutions. "There's no love song finer".